Votre glycémie du matin était normale l’an dernier. Elle l’est encore cette année, à quelques centièmes près.
Pourtant, vous dînez tard, vous dormez peu, et le sport a quitté l’agenda depuis plusieurs mois.
Une prise de sang à jeun saisit un instant. Elle ne dit rien de ce que fait votre sucre le reste du trimestre.
Qu’est-ce que l’HbA1c ?
L’HbA1c, ou hémoglobine glyquée, est la part de l’hémoglobine de vos globules rouges qui a fixé du glucose. Plus le sucre reste souvent élevé dans le sang, plus elle monte. Comme un globule rouge vit environ 120 jours, elle reflète votre glycémie moyenne des trois derniers mois (Sodi et al., 2018).
Le résultat s’exprime en pourcentage ou en mmol/mol, l’unité internationale. Les deux disent la même chose : 6,5 % correspondent à 48 mmol/mol.
HbA1c ou glycémie à jeun : quelle différence ?
La glycémie à jeun est une photo de votre sucre sanguin au moment de la prise de sang. L’HbA1c en donne la moyenne sur plusieurs semaines. Une nuit courte ou un dîner copieux la veille ne la font presque pas bouger.
Les deux mesures se complètent. Pour la photo du jour, consultez notre fiche Glycémie à jeun.
Quel taux d’HbA1c est normal ?
L’HbA1c est habituellement inférieure à 5,7 % (39 mmol/mol). Entre 5,7 et 6,4 %, l’Association américaine du diabète parle de prédiabète. À partir de 6,5 % (48 mmol/mol), l’OMS considère qu’un diabète peut être retenu, à condition de confirmer le résultat (OMS, 2011 ; ADA, 2025).
Valeur habituelle
Zone de risque, prédiabète selon l’ADA
Évoque un diabète, à confirmer
Pourquoi les repères varient-ils d’un pays à l’autre ?
L’OMS accepte l’HbA1c pour diagnostiquer le diabète depuis 2011, si le dosage suit un standard international. Aux États-Unis, elle sert aussi à repérer le prédiabète.
En France, le dépistage et le diagnostic reposent d’abord sur la glycémie à jeun. L’HbA1c y reste surtout l’outil de suivi des personnes diabétiques. Elle garde un intérêt pour repérer une tendance, à condition de la lire avec la glycémie.
Pourquoi une HbA1c qui monte doit-elle attirer l’attention ?
L’HbA1c qui monte signale que votre sucre sanguin reste plus souvent élevé qu’avant. Entre 5,7 et 6,4 %, ce n’est pas un diabète. Mais ce résultat permet de repérer plus tôt un glissement, à un stade où l’hygiène de vie réduit nettement le risque d’évoluer vers un diabète (Knowler et al., 2002).
Le diabète de type 2 s’installe en silence, souvent pendant des années. En France, l’enquête Esteban estime que près d’un diabète sur quatre n’était pas diagnostiqué chez les adultes de 18 à 74 ans (Lailler et al., 2020).
- Sucre sanguin plus souvent élevé → plus de glucose fixé sur l’hémoglobine → HbA1c qui monte.
- Excès de sucre prolongé → atteinte progressive des vaisseaux, des reins, des yeux et des nerfs.
Qu’est-ce qui peut fausser une HbA1c ?
L’HbA1c peut être faussée par tout ce qui modifie la durée de vie des globules rouges. Une carence en fer ou l’ablation de la rate peuvent la faire monter. Une anémie par destruction des globules rouges, une drépanocytose, une thalassémie, une insuffisance rénale chronique, une transfusion ou une grossesse peuvent la faire baisser (Sodi et al., 2018).
Si votre HbA1c ne colle pas avec vos glycémies, le premier réflexe est de refaire le dosage. Si l’écart persiste, votre médecin cherche une cause non liée au sucre :
- une numération sanguine, à la recherche d’une anémie ;
- un dosage de la ferritine, pour vérifier vos réserves en fer ;
- une électrophorèse de l’hémoglobine, si une anomalie est suspectée.
Dans ces situations, d’autres mesures prennent le relais, comme la fructosamine.
Que faire si votre HbA1c est élevée ?
L’HbA1c élevée se confirme d’abord, par un second dosage ou par une glycémie à jeun. Entre 5,7 et 6,4 %, les leviers sont l’activité physique, l’alimentation et le poids. À partir de 6,5 %, votre médecin pose ou écarte le diagnostic de diabète, puis propose un suivi adapté.
Tous les combien la recontrôler ?
L’Association américaine du diabète conseille un contrôle chaque année en cas de prédiabète. Avec un résultat normal, un contrôle tous les trois ans suffit le plus souvent (ADA, 2025).
Comme l’HbA1c reflète environ trois mois, un nouveau dosage plus rapproché n’apporte pas grand-chose. Attendez au moins ce délai pour mesurer l’effet d’un changement.
Comment Ikare l’aborde
Le bilan Ikare comprend l’HbA1c et la glycémie à jeun, parmi plus de 90 marqueurs. Une infirmière réalise la prise de sang chez vous ou au bureau. Environ quatre semaines plus tard, votre médecin référent Ikare vous explique vos résultats en visio. Il lit votre HbA1c avec votre glycémie, votre insuline et votre ferritine. Si elle entre en zone de risque, votre plan d’action cible l’alimentation, l’activité et le poids. Le coaching santé avec un nutritionniste vous aide à le tenir chaque mois. Un second prélèvement, six mois plus tard, mesure le chemin parcouru. L’adhésion coûte 129 € HT par mois.
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